| La Grande guerre et l'entrée dans le XXe siècle |
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Comme le reste de la France, la ville perdit dans la Première Guerre mondiale ses forces vives. Entre les pertes militaires et le déficit des naissances lié à l'absence des hommes, surtout des jeunes, la démographie viganaise recule de plus de 12% entre 1911 et 1921. La ville se transforme alors en profondeur. Des nouveaux quartiers d'habitat collectif apparaissent (La Prairie, Les Combes, Les Arènes). Dans le même temps, le désir des habitants de disposer de maisons individuelles avec jardin entraine la floraison, pas toujours maitrisée, d'un habitat pavillonnaire à la périphérie et sur les hauteurs du Vigan ou sur le territoire des communes limitrophes. Les hameaux qui s'étaient vidés reprennent vie. A Gaujac, Bouliech, Espériès, Campis, ... les ruines sont relevées et la vie, un moment suspendue, reprend. Le déclin démographique est alors enrayé, la population viganaise remonte à 4523 habitants en 1990. Depuis des nuages sont apparus dans la vie économique locale. Le déclin des industries textiles s'est confirmé. Depuis la fermeture de l'usine Ventex de Pont d'Hérault en 1970, une à une les entreprises locales ont cessé leurs activités. Longtemps, le « Bas de France » devenu Cogetex puis Well a masqué cette réalité. Avec ses quelques 1200 ouvriers à la fin des années 1980, l'usine assurait à la ville une prospérité rassurante. Des générations de cévenols ont eu la quasi certitude de pouvoir y travailler un jour. Aujourd'hui après trois plans sociaux, l'usine n'emploie qu'un peu plus de 200 personnes. Pourtant contrairement à d'autres espaces ou aux crises antérieures, la santé démographique du canton du Vigan ne s'est pas détériorée. Si Le Vigan a perdu 300 habitants depuis 1990, le canton en a lui gagné près de 500. Un changement d'échelle dans la perception de la vie locale s'impose. Déjà l'INSEE a revu ses définitions du fait urbain et décrit Le Vigan comme une agglomération multicommunale en y rattachant Avèze et Molières-Cavaillac, bientôt certainement Bréau, Mars, Aulas. Au point de vue politique la décentralisation a accompagné ces évolutions en permettant le regroupement intercommunal. Depuis 1993, Le Vigan et les communes de la région forment la Communauté de communes du Pays viganais qui compte aujourd'hui 22 communes et 10662 habitants. Dans les années 1930, le Conseil municipal, soucieux de mettre en avant l'identité cévenole de la commune, avait, à plusieurs reprises, demandé que la ville puisse changer de nom pour devenir « Le Vigan des Cévennes ». Il y avait là un souci de promotion touristique de la cité. En 1921, un décret avait classé Le Vigan station de tourisme et une Chambre d'industrie touristique avait vu le jour. La construction intercommunale vient satisfaire cette aspiration. Le Vigan s'efface derrière le Pays viganais et son office de tourisme est devenu celui des Cévennes méridionales. L'histoire continue et la devise du Vigan peut servir d'encouragement à la toute jeune communauté : « Vive le Pays viganais ». |





