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Accueil - Découvrir Le Vigan - Histoire - La Grande guerre et l'entrée dans le XXe siècle
La Grande guerre et l'entrée dans le XXe siècle

 Les noms de 163 viganais sont inscrits sur le monument aux morts de la Ville.

 


 

 

Comme le reste de la France, la ville perdit dans la Première Guerre mondiale ses forces vives. Entre les pertes militaires et le déficit des naissances lié à l'absence des hommes, surtout des jeunes, la démographie viganaise recule de plus de 12% entre 1911 et 1921.
La ville entame alors une lente décadence. Des usines comme celles de Saint-Euzéby et de l'Elze, qui employaient encore près d'un millier d'ouvriers après la guerre subissent la concurrence étrangère et les effets de l'apparition de la soie artificielle. Elles ferment ou se séparent de leurs personnels. En 1939, il n'y a plus que 200 ouvriers à Saint-Euzéby.
L'agriculture manque de bras et abandonne les coteaux. Les traversiers sont rongés par les ronces, la forêt reconquiert les pâturages et la châtaigneraie n'est plus guère cultivée. Dans la vallée, la pomme reinette offre un répit aux agriculteurs.
En 1936, la ville compte 3704 habitants mais seulement 3676 en 1946. La Seconde Guerre mondiale fût une période de profonde dépression. Dix viganais y trouvèrent la mort et la majorité de la population dut subir des restrictions sérieuses. A l'hiver 1943-44, la ration de viande par adulte fut ramenée à 300 grammes par mois et celle de matières grasses à 200 grammes. Les boucheries n'ouvraient qu'une fois par semaine.
La région redevient alors un lieu de refuge pour les persécutés et les réfractaires du STO (Service du Travail Obligatoire) qui, pour ne pas être envoyé en Allemagne, se cachent sur les serres et dans les combes les plus éloignées. Le 12 juillet 1944, les différents maquis cévenols se fédèrent pour créer le Maquis de l'Aigoual qui le 10 aout donne l'assaut aux troupes allemandes cantonnées au Vigan. Le Chef Marceau qui commande le corps franc est tué devant l'église à l'endroit où se trouve aujourd'hui le monument qui rappelle son engagement et celui des hommes de la résistance.
Mais au coeur de la nuit déjà les germes du renouveau apparaissent. En 1939, 200 réfugiés politiques espagnols s'étaient installés au Vigan. Ils forment l'avant-garde d'un mouvement de population qui, jusque dans les années 1990, renouvelle en profondeur la société viganaise et cévenole en général. Dans les années 1960, des entreprises locales, en manque de main d'oeuvre, recrutent, dans leurs pays d'origine, des travailleurs italiens, espagnols, marocains, portugais et leurs familles. Au tournant des années 60-70, les Cévennes accueillent des jeunes qui, refusant le métro, boulot, dodo de la société moderne, viennent y chercher l'authenticité d'une vie simple au contact de la terre. Retour à la terre éphémère pour certains mais qui, par les plus tenaces, a semé les graines de la renaissance du pays. Enfin, à partir des années 1990, la construction européenne permet l'arrivée, d'abord anodine puis clairement perceptible dans le paysage social, de populations d'Europe du Nord (Belges, Anglais, Allemands, Français, ...) attirées par la beauté des paysages et des villages et la douceur des influences méditerranéennes de notre région.

La ville se transforme alors en profondeur. Des nouveaux quartiers d'habitat collectif apparaissent (La Prairie, Les Combes, Les Arènes). Dans le même temps, le désir des habitants de disposer de maisons individuelles avec jardin entraine la floraison, pas toujours maitrisée, d'un habitat pavillonnaire à la périphérie et sur les hauteurs du Vigan ou sur le territoire des communes limitrophes. Les hameaux qui s'étaient vidés reprennent vie. A Gaujac, Bouliech, Espériès, Campis, ... les ruines sont relevées et la vie, un moment suspendue, reprend.
Aux entrées de la ville les grandes surfaces commerciales remplacent les petits commerçants qui peuplaient jusque là le centre-ville.

Le déclin démographique est alors enrayé, la population viganaise remonte à 4523 habitants en 1990. Depuis des nuages sont apparus dans la vie économique locale. Le déclin des industries textiles s'est confirmé. Depuis la fermeture de l'usine Ventex de Pont d'Hérault en 1970, une à une les entreprises locales ont cessé leurs activités. Longtemps, le « Bas de France » devenu Cogetex puis Well a masqué cette réalité. Avec ses quelques 1200 ouvriers à la fin des années 1980, l'usine assurait à la ville une prospérité rassurante. Des générations de cévenols ont eu la quasi certitude de pouvoir y travailler un jour. Aujourd'hui après trois plans sociaux, l'usine n'emploie qu'un peu plus de 200 personnes.

Pourtant contrairement à d'autres espaces ou aux crises antérieures, la santé démographique du canton du Vigan ne s'est pas détériorée. Si Le Vigan a perdu 300 habitants depuis 1990, le canton en a lui gagné près de 500. Un changement d'échelle dans la perception de la vie locale s'impose. Déjà l'INSEE a revu ses définitions du fait urbain et décrit Le Vigan comme une agglomération multicommunale en y rattachant Avèze et Molières-Cavaillac, bientôt certainement Bréau, Mars, Aulas. Au point de vue politique la décentralisation a accompagné ces évolutions en permettant le regroupement intercommunal. Depuis 1993, Le Vigan et les communes de la région forment la Communauté de communes du Pays viganais qui compte aujourd'hui 22 communes et 10662 habitants.

Dans les années 1930, le Conseil municipal, soucieux de mettre en avant l'identité cévenole de la commune, avait, à plusieurs reprises, demandé que la ville puisse changer de nom pour devenir « Le Vigan des Cévennes ». Il y avait là un souci de promotion touristique de la cité. En 1921, un décret avait classé Le Vigan station de tourisme et une Chambre d'industrie touristique avait vu le jour. La construction intercommunale vient satisfaire cette aspiration. Le Vigan s'efface derrière le Pays viganais et son office de tourisme est devenu celui des Cévennes méridionales. L'histoire continue et la devise du Vigan peut servir d'encouragement à la toute jeune communauté : « Vive le Pays viganais ».