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L'affirmation de la cité
La reconquête religieuse des montagnes cévenoles par les moines bénédictins à partir du VIIIe siècle marque le début du développement de la région. Sumène, Saint-André-de-Majencoules ou Valleraugue trouvent leur origine dans cette colonisation monastique. Le Vigan avait dû conserver un reliquat de cité et un prieuré quand en 1053, Pons, comte de Toulouse, fit don de celui-ci à l'abbaye Saint-Victor de Marseille. Par le mouvement de la Paix de Dieu, le rôle de l'Eglise est alors capital dans la pacification de la société mais également dans son développement économique. Les moines favorisent l'aménagement du territoire (sources, premiers traversiers, ...) et le développement de la châtaigneraie dont les fruits prendront par la suite une grande importance dans la nourriture des cévenols. C'est sans doute de cette époque que date le début de la plantation aux portes de la ville de la châtaigneraie dont le parc des châtaigniers est aujourd'hui la relique. Du Xe au XIIIe siècle, la région est soumise aux seigneurs féodaux qui à partir de leurs forteresses contrôlent les vallées cévenoles. Comme le baron d'Hierle, maître du château de Roquedur, ils prennent parti pour le catharisme contre le roi de France. La croisade des Albigeois (1208-1249) et le rattachement du Languedoc au domaine royal marque la fin de leur puissance. En 1242, Saint- Louis ordonne le démantèlement de la plupart des châteaux cévenols. En 1270, le prieur du Vigan se met sous la protection du roi de France en lui abandonnant la moitié de son droit de justice. Un viguier rend alors la justice au nom du prieur et du roi. A cette époque, Le Vigan est un petit bourg bâti autour de l'église et du prieuré Saint-Pierre mais déjà ses infrastructures et les services qu'on y trouve en font un petit pôle local. La cité possède un hôpital. Au XIIe siècle, un pont a été construit sur l'Arre. Il reste longtemps le seul point de franchissement de la rivière dans la région et devient un point de développement de la cité qui voit naitre le quartier du pont en dehors des remparts que les moines et la population ont érigés pour leur défense. Ces fortifications ne protégèrent pas la ville et ses habitants des combats de la Guerre de Cent Ans et surtout des ravages des Grandes Compagnies qui, venant du Rouergue anglais, pillèrent la cité en 1361 et 1364. La ville voit alors sa population diminuer. Pierre Gorlier compte 37 feux en 1384 soit environ 185 habitants. Les Cévenols restèrent pourtant fidèles au roi de France, payant la rançon de Jean le Bon fait prisonnier par les Anglais en 1356 à la bataille de Poitiers ou soutenant Charles VII, le « roi de Bourges » quand les Anglais étaient maîtres de presque toute la France. Cette fidélité leur valut le nom de « Raïols » c'est-à-dire royaux. Comme les autres villes de la région, au XVe siècle, Le Vigan obtient de la part de ses seigneurs des franchises (libertés et exemptions d'impôts) et la vie municipale s'organise autour de l'élection, le 1er janvier de chaque année, de deux syndics et six conseillers chargés d'administrer la ville. Lorsque des affaires importantes étaient traitées la communauté était assemblée sur la place publique au son de la trompe. Au XVIe siècle, la ville, centre administratif et industriel, prospère et déborde de son enceinte par des faubourgs, ceux de la Condamine, des Barris et du Pont. On accède à la vieille ville par trois portes à pont-levis gardées par les membres de la garde bourgeoise. Elles sont fermées tous les soirs à 9 heures. A l'intérieur des remparts, la place est comptée, des maisons hautes s'alignent le long de rues étroites et sombres. Par endroit des maisons coupent la rue formant des passages voutés. Le rez-de-chaussée est occupé par des étables abritant chèvres, moutons, porcs. La ville compte alors environ 3000 habitants. |