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Le Vigan se tourne vers l'avenir
Une interview d'Eric Doulcier
Le temps est venu de trouver les nouveaux accents qui relégueront au passé le marasme économique d’une sortie difficile de l’ère textile du pays viganais. A l’heure des arbitrages budgétaires, Eric Doulcier, maire du Vigan, tient à présenter aux Viganais et Viganaises, les grandes orientations politiques, économiques et culturelles de son équipe
Avec le calme qui le caractérise mais toute sa conviction, Eric Doulcier, maire du Vigan l’affirme : « Il faut changer l’image de la ville, sortir une bonne fois du marasme ambiant par de nouvelles orientations. » Pour cela, il veut se tourner vers l’environnement, le tourisme avec des manifestations qui font date et attirent un public nouveau, comme les éco-dialogue. « Nous allons investir dans le secteur scolaire et l’enseignement pour préparer demain. » Et pour se faire le maire et son équipe ne manquent ni d’idées, ni d’énergie. Aussi, à mi-mandat, il souhaite préciser sa pensée et expliquer ses choix budgétaires afin que tous les Viganais puissent saisir la hauteur de l’enjeu et le chemin déjà parcouru. « Le Vigan souffre d’une image de zone sinistrée. Pourtant cette ville détient de nombreux atouts qu’il va falloir valoriser. Tout le monde s’accorde à reconnaître que nous bénéficions d’un cadre de vie privilégié. A nous de le faire découvrir et de le promouvoir. Pour cela, nous avons mis en place des outils : agenda 21, plan local d’urbanisme... Nous allons les mener dans un souci d’action concertée. » Et déjà, les premiers efforts paient. Des accords ont été conclus avec la faculté de sciences de Montpellier. « Nous devons développer la matière grise. Nous menons ce mandat dans ce sens. Mais pour y parvenir, il nous faut une ville au niveau, une ville qui assure ses fondamentaux : assainissement, voiries, écoles, aménagements urbain. Pour changer notre image, nous développons des partenariats culturels, avec l’orchestre national de Montpellier, le festival de Jazz de Junas, avec l’école de cirque du Cratère à Alès. De même avec les éco-dialogues sur la partie plus environnementale, nous recevons des spécialistes reconnus sur le thème des relations de l’homme à son environnement. Ces rencontres couronnent nos échanges avec la faculté de Sciences. Les gens se déplacent de loin pour suivre ce type de manifestation. Cela nous permet d’ouvrir notre champ de vision et peut-être à terme d’attirer chercheurs et laboratoires. Et à travers ce type de manifestations, nous ne perdons jamais de vue un axe fort de notre politique locale : la transmission aux générations futures. Les chercheurs présents rencontreront les enfants de toutes les écoles. Cette pratique se décline dans toutes nos manifestations, ainsi lors du festival de Jazz, nous avons organisé des masters class pour les enfants. Nous restons centrés sur notre volonté de faire partager à nos jeunes toutes ces expériences. Raison pour laquelle, nous allons mener de concert la réhabilitation des bâtiments anciens de nos écoles et la dotation d’outils dignes de l’enseignement du XXIème siècle. » Eric Doulcier se réclame d’une grande vigilance pour tout ce qui a trait à l’enseignement. Dans cet esprit, le maire souhaite multiplier les partenariats avec le collège/lycée. Nous avons par exemple doté la Bibliothèque Centre de Documentation scolaire d’un budget de 40 000 euros (personnel/acquisition).
Le centre ancien
Tout est mis en œuvre pour réhabiliter le centre ville, le rendre agréable, pratique pour ses habitants mais aussi mettre en valeur ses accents cévenols. La première tranche de travaux pour la réhabilitation du centre ancien va nécessiter 250 000 euros. Puis d’autres tranches se succéderont jusqu’à la fin du mandat afin de revoir intégralement, eau, assainissement, éclairage public, voirie. Ainsi le parc des Châtaigniers va s’orner, pour la joie des plus petits, d’une aire de jeux dès la fin du mois de juin. L’éclairage public fait partie de cette réflexion. En effet, vieillissant, il n’offre plus la performance énergétique et qualitative qui devrait être la sienne et sa conception ancienne entraîne une pollution de la qualité du ciel, préjudiciable dans cette région préservée. « Bref, nous voulons totalement remettre à niveau l’équipement collectif de la ville dans une approche globale du développement de cette ville : une qualité de vie pour nos administrés et une ouverture sur l’extérieur qui nous offrira des opportunités de développement. » Cette politique de travaux se double d’une politique de lien social, d’ouverture sur l’extérieur, le tout dans une volonté de démocratie participative. Cette ouverture sur Montpellier mais aussi sur les Viganais demande un travail de longue haleine, un effort de concertation avec la population, les associations, mais aussi avec le personnel municipal. Elle passe par des réunions publiques, des réunions avec le personnel, sans nier l’aspect émotionnel primordial sur certain sujets sensibles. « Il faut toujours intégrer le temps, si l’on va trop vite on perd du temps en incompréhension en voulant en gagner. » Eric Doulcier a donc souhaité instaurer des commissions extra-municipales. Consultatives, elles permettent d’enrichir la réflexion des élus. « Ces derniers ne modifient pas systématiquement leur position mais 9 fois sur 10, elle peut se voir infléchie ou amendée par le résultat de ces réflexions. ». Ces commissions se déroulent bien en amont de chaque projet de façon a leur laisser le temps de faire émerger une réflexion constructive et non épidermique. Et des réunions publiques se tiennent tous les 6 mois.
Un développement territorial
Cette équipe municipale s’engage dans la voie de l’ouverture et du développement d’une véritable politique territoriale. Des liens se tissent au niveau culturel, éducatif, scientifique avec Montpellier. Déjà des étudiants et des naturalistes se déplacent pour de courts séjours. « Les masteriales ont permis de dégager 20 000 euros de chiffre d’affaires pour les hôteliers et les restaurateurs en une semaine, le festival de jazz a amené 350 personnes rien que pour le vendredi soir. Ces gens dînent en ville et découvrent notre cadre de vie privilégié. Nous visons la création d’un véritable réseau de chercheurs. Nous nous réjouissions à ce sujet de la création de la maison de la formation par la communauté de communes du pays viganais. Notre lycée a besoin pour se développer de nouvelles filières et d’enseignement autour des nouveaux métiers. En matière culturelle, nous bénéficions du travail de nombreuses associations et de projets ambitieux. Nous souhaitons venir en soutien et créer une dynamique autour de formations post-bac, de classes préparatoires. Nous nous inscrivons dans un développement territorial. Pour les éco-dialogue, nous bénéficions du soutien des entreprises, nous travaillons en partenariat avec la Bambouseraie. Nous développons des partenariats avec Ganges sur le plan culturel. » Autant d’exemples d’une stratégie territoriale. Une stratégie pas toujours simple à projeter à l’heure de la réforme des collectivités territoriales, source de grandes incertitudes. « Nous ne connaissons pas encore tous les tenants et les aboutissants de la réforme en cours. Les périodes difficiles ne sont pas une nouveauté. Mais il faudra s’adapter pour réussir. »
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